Qu’est-ce qu’une année liturgique ?

L’année liturgique démarre ce premier dimanche de l’Avent. Explication avec le Père Bruno Mary, directeur de la Pastorale liturgique et sacramentelle.

Qu’est-ce que l’année liturgique ? Une année qualifiée

2 février 2016 : Bougie allumée lors de la messe célébrant la Fête de la Présentation de Jésus au Temple et qui conclue l'Année de la Vie consacrée. Vatican, Rome, Italie. February 2, 2016: Mass for Feast of the Presentation of the Lord and celebration to mark the end of the year for Consecrated Life, in St.Peter's Basilica, at the Vatican.

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L’année liturgique est une année. Vous comme moi, nous vivons dans le temps. Nous sommes nés tel jour de tel mois et telle année. Nous mourrons un jour… Nous vivons dans le temps. Peu à peu l’humanité a organisé ce temps : elle a divisé le temps en millénaire, en siècles, en années, en mois, en jours…

Chrétiens, nous croyons que Dieu est venu et vient nous visiter dans notre histoire (‘Bénis soit le Seigneur, qui visite et rachète son peuple…’ – Bénédictus -) En son Fils, il s’est incarné : il est né un jour du temps – c’est ce que nous célébrons à Noël – il a grandi. Il a vécu une trentaine d’années à Nazareth. Il a annoncé l’Évangile pendant trois ans. Il a vécu sa passion sous Ponce Pilate, il est mort et il est ressuscité. Il est à jamais victorieux de la mort. Il est à jamais vivant. Nous croyons qu’en lui, par lui, avec lui, nous pouvons participer à cette victoire. Il vient nous sauver et il reviendra à la fin des temps.

L’année liturgique commence fin novembre – début décembre avec le 1er dimanche de l’Avent. Elle se termine un an plus tard. Elle est qualifiée par la liturgie. Pendant cette année, nous célébrons les grands moments de l’histoire du salut, en commençant par les grands moments de l’histoire de Jésus Christ venu habiter chez nous. Quels sont-ils ? Nous pouvons penser à Noël. Ce n’est pas l’événement le plus important de notre foi. L’événement le plus important est Pâques c’est-à-dire la passion, la mort et la résurrection de Jésus Christ. Car, comme le dit l’apôtre Paul, si le Christ n’est pas ressuscité d’entre les morts, vaine est notre foi (1 Co 15, 17) : nous ne sommes pas délivrés, libérés de la mort.

Le Christ est ressuscité le 3e jour après le vendredi saint : c’est-à-dire le dimanche. Les premiers chrétiens se réunissaient le dimanche, tous les dimanches, Ils faisaient mémoire de Pâques. Ils actualisaient la passion, la mort et la résurrection de Jésus Christ. Le cœur de l’année liturgique c’est le dimanche de Pâques parce que la passion, la mort et la résurrection du Christ est le cœur de notre foi.

Histoire de la liturgie

L’année liturgique s’est construite peu à peu. L’Église a privilégié un dimanche que nous appelons le dimanche de Pâques. Il se situe au début du printemps. Ce dimanche de Pâques privilégié dure sept semaines : c’est le temps pascal signe des temps nouveaux inaugurés avec le Christ ressuscité. Durant ce temps, nous avons la fête de l’Ascension, le 40e jour. Ce temps se termine avec la fête de Pentecôte, le cinquantième jour.

Une fête se prépare. La préparation de Pâques s’appelle le Carême : il dure 40 jours. Il commence avec le mercredi des cendres pour se terminer le samedi saint. C’est le temps privilégié où les candidats au baptême, préparent leur baptême qui sera célébré le jour de Pâques. L’autre grande fête est celle de la naissance du Sauveur : Noël. Elle a une date fixe : le 25 décembre. Comme pour Pâques, il y a un temps de Noël jusqu’à la fête du baptême du Seigneur (9, 10 janvier) et un temps de préparation : l’Avent qui dure un bon trois semaines.

Voilà les deux grands moments de l’année liturgique. Entre ces moments, nous avons le temps ordinaire. Notre vie est surtout composée de jours ordinaires : le Christ ressuscité vient nous rejoindre dans notre temps ordinaire. Beaucoup plus tard, sont instaurées des fêtes qui n’ont pas de lien avec un évènement : la sainte Trinité ; le Saint Sacrement ; le Sacré-Cœur, le Christ roi de l’univers. A la lumière de Pâques, naissent et se répandent les fêtes des saints : les apôtres, les martyrs et très vite les fêtes liés à la Vierge Marie : Assomption ; Annonciation ; Immaculée conception. L’année liturgique est le signe que Dieu nous visite dans notre histoire et que l’homme dans sa dimension historique est sauvé.

Trois années liturgiques

Depuis le concile Vatican II, nous avons un cycle de trois années liturgiques : l’année A ; l’année B ; l’année C. Pourquoi ? Parce que l’Eglise souhaite que les chrétiens entendent le plus possible de passage de la Parole de Dieu. La foi nait de l’écoute de la Parole. Pour cela, durant l’année A nous écoutons l’Evangile selon Saint Matthieu ; durant l’année B, celui selon Saint Marc ; durant l’année C, celui selon Saint Luc. Et celui selon Saint Jean ? Nous l’écoutons pendant le temps pascal et aussi durant l’année B car l’évangile selon Saint Marc est plus court. En 2017-2018, nous serons l’année B : nous écouterons l’Évangile selon Saint Marc. (Un évangile plus court- 16 chapitres, destiné aux personnes qui ne sont pas de culture et de religion juive, un évangile simple. Il commence par ces mots : commencement de l’Évangile de Jésus, Christ, Fils de Dieu. Ces mots en donnent le plan).

Le temps de l’Avent 

Les évangiles des deux premiers dimanches de l’Avent parlent de la fin des temps, c’est-à-dire du retour glorieux du Christ à la fin des temps. Notre temps a donc une fin, un but : il est orienté vers le retour du Christ et il prend sens en lui. Nous sommes appelés à être présents lors du retour du Christ, à l’accueillir et à participer à sa vie auprès de Dieu. A partir du troisième dimanche de l’Avent, nous préparons Noël. Christ reviendra parce qu’il est venu. Notre vie de foi s’inscrit entre ces deux venues du Christ. Aussi le temps de l’Avent nous rappelle que nous sommes des veilleurs et contribue à donner sens à notre temps : attendre le retour du Christ. Cette attente se vit dans la prière et en vivant l’Évangile. Il est le temps du long désir. Cette attendre se vit également dans la joie (3e dimanche). Nous ne redoutons pas une catastrophe mais le retour du Sauveur.

La traduction liturgique de la Bible

Elle est faite pour être proclamée et écoutée. C’est celle que nous écoutons quand nous venons à la messe, quand nous participons à un baptême, à des funérailles… En effet, nous ne parlons pas tout à fait comme nous écrivons. Toute langue a une langue parlée et une langue écrite. Cette traduction tente à éviter tout ce qui peut gêner l’écoute, la compréhension auditive de la Parole. La Parole de Dieu a d’abord été écoutée avant d’être écrite. C’est pourquoi, la traduction liturgique est la traduction officielle de notre Église.

Voyage du pape François au Myanmar et au Bangladesh

Pour son 21e voyage apostolique, le Pape François se rendra du 26 novembre au 2 décembre au Myanmar et au Bangladesh. Ce voyage, aux multiples enjeux, sera placé sous le signe de la paix et de la réconciliation.

Plus qu’un voyage, une aventure ! Le directeur du Bureau de presse du Saint-Siège, Greg Burke, ne minimise pas la complexité de ce 21ème déplacement du pape François à l’étranger. Un vrai casse-tête diplomatique dans un contexte de crise. Première étape la Birmanie, qui vient tout juste de sortir d’une longue dictature militaire, mais où le respect des libertés publiques et des droits civils reste un défi important. Deuxième étape le Bangladesh, qui connaît une croissance économique favorable après des décennies de sous-développement, mais où des dizaines de millions de personnes s’entassent toujours dans des bidonvilles. Deux pays où les chrétiens ne sont qu’une infime minorité face à un écrasante majorité bouddhiste, dans le premier, musulmane dans le deuxième.


Un voyage pour soutenir les Églises locales

Deux pays, surtout, qui sont au cœur d’une grave crise humanitaire : l’exode, vers le Bangladesh, de la minorité musulmane Rohingya qui serait victime d’atrocités à grande échelle commises par l’armée birmane avec la complicité des milices bouddhistes ultranationalistes. Rohingya : un terme tabou que le pape a été invité à éviter de prononcer ; une requête pressante lui a été adressée par le premier et unique cardinal birman, Charles Maung Bo, archevêque de Rangoun depuis 2003, car cela risquerait d’attiser les tensions et d’affaiblir un peu plus le fragile gouvernement civil d’Aung San Suu Kyi. Un conseil que le Saint-Père semble avoir pris très au sérieux. C’est encore à la demande de l’Église locale, d’ailleurs, qu’il rencontrera l’influent chef de l’armée birmane. Son premier rendez-vous en Birmanie sera par ailleurs consacré aux responsables religieux du pays, une rencontre à caractère privé, ajoutée à la dernière minute au programme.

Le dossier délicat de la minorité Rohingya risque donc de phagocyter les enjeux de ce nouveau voyage pontifical vers les périphéries du monde. Pourquoi le Saint-Père a-t-il choisi de l’entreprendre ? Pour apporter son soutien aux Églises locales, répond Greg Burke sans la moindre hésitation. Parmi les temps forts de l’étape birmane : une rencontre avec le Conseil suprême des moines bouddhistes, tandis que le séjour du pape François au Bangladesh sera marqué par une rencontre interreligieuse pour la paix à laquelle participera une délégation Rohingya. Il ne s’agira pas d’une rencontre de prière, précise le Vatican, mais d’une succession de témoignages.

Autre temps fort : l’ordination au Bangladesh de seize nouveaux prêtres, un évènement rare dans un pays où les chrétiens ne représentent que 0,5% de la population et où l’islam est religion d’État. Les deux étapes s’achèveront chacune par une rencontre avec les jeunes et ce n’est pas un hasard : le pape veut souligner par-là que ces petites églises sont jeunes et dynamiques et qu’elles ont un avenir. Parmi les cadeaux qu’il ne manquera pas de recevoir comme à chacun de ses déplacements, il y en a un que le pontife argentin, attentif à toutes les pauvretés, ne manquera pas d’apprécier : une paire de sandales fabriquées par des enfants des rues.

Paix, pardon et réconciliation

Quant à la sécurité, au Vatican on s’est désormais résigné à affronter les risques, puisque le pape refuse de se déplacer en voiture blindée. Faut-il s’inquiéter pour autant ? Pas plus que d’habitude, laisse entendre Greg Burke. En revanche, il s’agit sans nul doute d’un voyage à haut risque pour la diplomatie pontificale, un exercice d’équilibriste. Quoiqu’il en soit, le pape François maintient son objectif : proclamer son message de paix, de pardon et de réconciliation, surtout dans les contextes les plus difficiles.